La Grand-Mère fantôme
LITTLE EDITO :
Cela faisait longtemps que je n'avais rien écrit outre des scénarios d'escrime, mais une force m'a poussé à écrire de nouveau... Je vous retrouve donc en bas, pour la moralité et peut-être quelques petites choses à vous dire...
par Laurent Lefin - Avril 2008
Il était une fois, une grand-mère vivant avec son petit-fils. Ils n'avaient pas eu de chance dans la vie, puisqu'ils étaient les deux derniers représentants de leur famille...
Malgré cela et les épreuves qui avaient été les leurs, ils étaient tout l'un pour l'autre... Leur lien était si fort qu'il paraissait MAGIQUE!
Le matin, la grand-mère habillait son petit fils avec amour, en lui disant qu'il était "beau comme un camion" (bon un camion est-il beau??? enfin passons). Elle l'avait conduit depuis qu'il était tout petit dans sa poussette pour le promener, jusqu'au pas de la porte lorsqu'il était en âge d'aller au lycée. Sans compter que tous les midis en période scolaire, elle l'accueillait avec des plats comme on aime que nos grands-mères (celles qui savent cuisiner!) nous fasse. Vous savez, ces odeurs reconnaissables entre mille, ses moments inoubliables et qui suscitent à chaque fois que l'on y songe une nostalgie forte agréable...
Tout semblait donc se passer pour le mieux depuis des années, même si la vie n'avait pas toujours été tendre avec eux. Et encore... ce n'était pas fini. Car voilà, à l'âge de 18ans, le petit fils eu le malheur de perdre sa grand-mère d'une maladie foudroyante...
A ce moment là, le petit fils se senti bien seul, il ne se rendait pas compte à quel point cette perte lui serait douloureuse et appris à ses dépends, que la mort faisait partie intégrante de la vie... Il se dit qu'il faut apprécier d'être en bonne santé, sans avoir besoin d'être malade pour s'en rendre compte!
Sa grand-mère ne l'avait pas laissé sans ressources, car refusant de prolonger son existence qui était condamnée, elle avait refusé les soins palliatifs pour économiser de l'argent et songer à mettre à l'abri son petit fils, le temps qu'il finisse ses études et obtienne un bon diplôme puis un bon emploi, ce que ce dernier lui avait promis de réaliser au cours de leur dernière discussion.
Le petit fils dut passer par les différentes étapes du deuil... tout t'abord, le déni, le refus, au début il ne s'en rendait pas compte, considérant cela comme impossible, inimaginable. Mais comme un lot d'habitudes, d'objets sont là pour remémorer tous les instants passés, on en vient vite au choc... Il eut aussi la colère de se retrouver seul, d'en vouloir, à la vie. "Pourquoi tout cela m'arrive, ai-je fais quelque chose de mal?", il ne comprenait pas et il est difficile d'y comprendre parfois quelque chose de rationnel... Après cette colère, ce fut, la lamentation... Période difficile où l'on peut y perdre la raison, et à contrario, il y a dans cette période de désorganisation, la sensation, de ne pu avoir goût à rien et de se sentir invincible, de n'avoir peur de rien...
Mais alors que cette période mène généralement soit au fait de se sauver soit au fait de se perdre définitivement... un 3ème cas se produisit. Le moi intérieur du petit fils et celui de la grand-mère se rejoignirent sous une aura de lumière... d'où jaillit la grand-mère de l'enfant en fantôme virevoltant comme lors de sa plus belle jeunesse!!!
Avait-il abusé du calva que sa grand-mère conservait? Etait-il victime d'un mirage ou pire sous l'emprise de la folie? Non, rien de tout ceci, c'était bel et bien sa grand-mère, en fantôme qui se tenait devant lui en souriant... Après avoir frotté une dernière fois ses yeux, pour en être certain, il se mit à verser des larmes de joie... Ils discutèrent une bonne partie de la nuit à tenter d'expliquer ce phénomène unique...
Le lendemain, il se leva rapidement et vit tout de suite que sa grand-mère, fort heureusement, était encore là!!! Ils purent alors continuer leur vie ensemble comme avant, mais avec quelques singularités. Elle pouvait désormais l'accompagner jusqu'aux abords du lycée sans que le petit-fils ne se fasse charrier par ses amis, puisque seul lui pouvait la voir! Elle lui apprit à cuisiner, faire la lessive, faire le ménage... autant de choses qui lui seraient bien utiles et que les mères de famille devraient inculquer dès le plus jeune âge aux enfants (cela permettrait d'ailleurs aux mamans, de se libérer de certaines de ces tâches et donc de se consacrer plus complètement à leur vie de couple et à leurs envies, passions et loisirs).
Tout se déroula, avec un bon nombre d'anecdotes fortes amusantes (comme celle où sa grand-mère aida son petit fils à aller voir une fille qui lui plaisait et discuter enfin avec!). Mais un an après sa disparition, sa grand-mère, prit un ton beaucoup plus sombre que d'ordinaire...
"Mon cher petit-fils" lui dit-elle, "Je vais devoir repartir demain, je ne pourrai te l'expliquer, mais je le sens, c'est bientôt l'heure pour moi, profitons alors de cette dernière soirée ensemble. De toute manière, tu es maintenant apte à te débrouiller et faire ta vie sans moi."
Il la regarda, tout triste, lui dit qu'il n'y arriverait jamais, que cela serait trop dur... qu'il faudrait trouver des solutions pour qu'elle reste de quelque manière que cela soit... Mais, malgré tout elle partit et lui dit qu'il était temps pour chacun de mener une vie séparée. Il finit par comprendre qu'elle était appelée à rejoindre l'au-delà et qu'en lieu et place de chagrin et de tristesse, elle ne connaîtrait que la joie et un bonheur largement mérité... Lui de son côté, comprit qu'il devait aller de l'avant et vivre sa vie, avec les aléas (bons ou mauvais) qui serpentent notre vie. Elle lui a aussi dit avant de partir, qu'il ne faut pas essayer de chasser les souvenirs, ou vouloir tout oublier, mais au contraire, apprendre à vivre avec, pour que cela soit une force plutôt qu'une souffrance ou une douleur intarissable...
POUR CONCLURE - MORALITES ???
Il ne faut pas oublier que la vie est en général, un cadeau! (je dis en général, car il est certain que certaines personnes n'ont pas dès la naissance ou au cours de leur existence, la chance que beaucoup d'entre nous ont...)
On se doit alors de l'apprécier telle qu'elle est et il ne faut pas oublier d'en profiter, de la vivre pleinement car elle est limitée dans le temps (sans parler de la jeunesse!). La mort fait partie de la vie, même si c'est l'épreuve la plus dure qui soit. Le but de cette histoire était de vous montrer qu'il faut apprécier la vie et ne pas attendre des événements tragiques pour s'en rendre compte (ou pour dire aux personnes à qui on tient, qu'on les apprécie...).
Enfin, je voulais amorcer l'idée que lors d'un processus de deuil, ou lors d'une rupture douloureuse, il ne faut pas prendre les souvenirs comme un fardeau ou vouloir les éliminer de notre esprit (ce qui se fait de toute manière avec le temps) mais au contraire, apprendre à vivre avec!
Il y a tant de choses à faire...
P.S : Le propre de l'écriture, même si c'est un art que je trouve difficile, est que l'on peut tout imaginer, dire, écrire, sans limites. Si vous souhaitez partager vos impressions sur cette nouvelle, l'améliorer (en terme d'idées, de structure grammaticale, ...), n'hésitez pas, cela sera avec plaisir ;-)